Les volets intellectuels
Ce groupe thématique explore les enjeux essentiels auxquels sont aux prises les démocraties développées relativement à la participation démocratique, à la légitimité politique et à la capacité de réponse du gouvernement. Le Canada, tout comme plusieurs pays européens (mais pas tous), doit composer avec une diminution des taux de participation publique et aux élections. En Europe, ces tendances sont encore plus marquées à l’échelon européen que national. Les systèmes de gouvernement à paliers multiples, comme ceux du gouvernement fédéral et de l’Union européenne (UE), sont confrontés à des problèmes particuliers en raison de la division des loyautés populaires parmi divers échelons de gouvernance, de l’incertitude des structures de responsabilité et de la perception par la population d’indifférence de la part des établissements supranationaux ou fédéraux (DeBardeleben et Hurrelmann 2007). En Europe, cette réalité est présente même si les décisions de l’UE ont de plus en plus de répercussions sur la vie quotidienne des gens et malgré les mesures adoptées par la Commission européenne pour soutenir la légitimité démocratique de l’UE (Petit 2006, 2005). Au Canada, les ententes constitutionnelles ou intergouvernementales créent des structures de responsabilité incertaines entre les autorités fédérales, provinciales et municipales, générant ainsi de la méfiance, du désintérêt et du cynisme de la part du public à l’égard de la classe politique (Clarke, Kornberg et Wearing 2000). Les membres du Réseau ont déjà consacré beaucoup de temps à l’examen de la nature et des racines de ces problèmes, en plus d’avoir collaboré avec Élections Canada et des partenaires européens (particulièrement l’IDEA – l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale – à Stockholm), y compris la production d’un manuel pratique sur les moyens pour augmenter le taux de participation des électeurs (Ellis et coll. 2006). Certaines des constatations des travaux réalisés indiquent qu’au Canada et en Europe, la relation entre l’action de voter et autres formes de participation est problématique, étant donné que ce sont les mêmes personnes qui participent à une multitude d’activités politiques, alors qu’une grande partie de la population est inactive et indifférente (Pammett et LeDuc 2003).
La participation des jeunes est particulièrement préoccupante au Canada et en Europe (Franklin 2004). Puisque certaines recherchent démontrent que la participation subit plutôt une transformation qu’une baisse de longue durée (Norris 2003), les membres du Réseau, en collaboration avec des partenaires, se penchent sur les diverses formes de participation qui pourraient inciter les jeunes à prendre part au processus. Les programmes d’éducation publique ne sont qu’une des approches avancées pour inciter davantage les jeunes à remplir leur devoir de citoyen. De plus, les chercheurs étudient le vote par Internet, les nouveaux véhicules sur le Web utilisés par les citoyens pour réseauter et interagir avec les représentants gouvernementaux, et la diffusion publique efficace des mesures mises de l’avant par le gouvernement. Le défi commun de l’Europe et du Canada est d’encourager une participation maximale tout en créant des organismes délibérants qui favorisent la tolérance (Ellis et coll. 2006; Electoral Commission (Royaume-Uni) 2004, 2005, 2006; Mutz 2006; LeDuc 2003).
Un autre domaine de recherche de ce groupe thématique porte sur les processus des changements constitutionnels et d’élaboration des politiques à paliers multiples au Canada et en Europe pour tenir compte de la diversité entre les régions (ou pays dans le cas de l’UE) tout en garantissant une stabilité institutionnelle (Hallstrom 2003, Swenden 2004; Laursen 2003, Leslie 1996; McKay 2001, Tömmel 2003). L’UE a développé des approches pour aborder les problèmes de gouvernance à divers niveaux (Hooghe et Marks 2001, Laursen 2005, Maurer 2005), pertinentes au système fédéral canadien. Par exemple, la méthode de coordination libre en vigueur à l’UE comprend des méthodes novatrices d’examen des politiques, d’échange d’information, d’élaboration de lignes directrices et d’analyses comparatives dans des secteurs où des politiques communes n’ont pas été adoptées (Tömmel et Verdun 2006, Verdun et Croci 2005). L’UE a aussi élaboré diverses méthodes de participation des intervenants à l’élaboration de politiques qui pourraient être utiles au Canada (Crum 2005, Follesdal et Dobson 2004, Schure et Verdun 2006). Les efforts canadiens pour bâtir un consensus constitutionnel sont particulièrement intéressants pour les Européens qui éprouvent des difficultés avec les mêmes problèmes.



